20.06.2010

Consolidation de la reprise en Europe

Après avoir été malmenés par les événements, les gouvernements européens semblent avoir repris lamain. C’est dumoins le sentiment qu’inspire la semaine écoulée.

Un début de coordination dans la lutte contre la crise voit le jour.

Réunis à Bruxelles en début de semaine, les ministres des Finances de la zone euro ont définitivement trouvé un terrain d’entente sur les modalités de fonctionnement du Fonds européen de stabilisation financière.

Pour mémoire, les membres de la zone euro garantiront des prêts à hauteur de 440 milliards d’euros complétés par 60 milliards apportés par la Commission européenne et 250 milliards en provenance du Fonds monétaire international (FMI). Au total, 750 milliards d’euros pourront être mobilisés.

Sanctions et… prévention Les ministres des Vingt-Sept se sont quant à eux entendus sur le principe d’instaurer de nouvelles sanctions pour les pays qui, dans l’avenir, ne respecteraient pas le Pacte de stabilité et de croissance. Les déficits publics ne seront plus la variable essentielle de surveillance. Le niveau des dettes publiques entrera aussi dans le champ d’observation.

La réaction de l’Europe sera aussi plus rapide que dans le passé envers les pays qui franchiraient la ligne jaune.

La future gouvernance de la zone euro ne devra pas se limiter à sanctionner de mauvais comportements.

Les discussions portent également sur la mise en place d’outils visant à anticiper les dérapages. Le projet d’examen préalable des grandes lignes des budgets nationaux au niveau européen tient ainsi la corde. Enfin, les pouvoirs de l’institut européen Eurostat, chargé de la surveillance des statistiques économiques européennes, seront élargis. Le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, remettra aux chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet européen du 17 juin un rapport d’étape reprenant notamment ces propositions.

Jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a accueilli favorablement la création du fonds de stabilisat ion européen. El le s’es t également efforcée de restaurer la confiance. Sans surprise, son président a rappelé que la politique monétaire actuelle serait maintenue aussi longtemps que nécessaire. Ses membres ont décidé d’étendre les opérations de refinancement à trois mois à taux fixe au moins jusqu’à la fin septembre. Ainsi, la BCE va continuer à alimenter les banques en liquidités de façon illimitée et à taux fixe (1 %). Le risque de crise bancaire est largement minimisé jusqu’à la fin de l’année. Il est vrai que, depuis plusieurs semaines, les économistes de marché ne manquaient pas de souligner le retour des tensions sur le marché interbancaire, synonyme de montée de la défiance envers certains opérateurs bancaires. Celles-ci sont toutefois incomparables à celles rencontrées après la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008.

Autre fait marquant, l’écart des taux d’intérêt obligataires entre la France et l’Allemagne n’a cessé de se creuser ces dernières semaines.

Cette évolution caractériserait le manque de crédibilité de la France dans sa volonté de restaurer ses comptes publics. Il est certain que la volonté forte affichée par l’Allemagne fait de l’ombre à ses partenaires.

Berlin a ainsi annoncé plus de 80 milliards d’euros d’économies au cours des prochaines années pour ramener son déficit à 3% du PIB dès 2013. La lecture des marchés de taux doit toutefois être faite avec beaucoup de prudence. En pleine tourmente la semaine passée, les taux d’intérêt allemands à trois mois avaient ainsi fléchi en territoire négatif, une situation économiquement injustifiée. Enfin, la BCE a repoussé l’idée d’un double dip. Ses prévisions tablent sur une croissance du PIB de 1% en 2010 et de 1,2% l’an prochain avec, certes, une fourchette très large en 2011, de +0,2% à +2,2% !

09:52 Écrit par zEconomy dans économie | Lien permanent | Commentaires (0)

09.05.2010

le plan Grec est-il crédible ?

Malgré les espoirs nés de l'accord européen, annoncé dimanche 2 mai, d'une aide à la Grèce de 110milliards d'euros, la crise a franchi une nouvelle étape cette semaine. Les marchés ont pris en considération l'hypothèse, peu crédible jusqu'à ce jour, que l'Espagne aurait demandé l'aide du FMI. La rumeur qui se propageait d'opérateur financier à opérateur chiffrait même les besoins financiers à 280 milliards d'euros !

Comme si cela n'était pas suffisant, une autre rumeur a couru les salles demarché cette semaine : les agences de notationMoody's et Fitch s'apprêtaient à dégrader la notation de l'Espagne. Ces deux rumeurs ont été démenties par le gouvernement espagnol et par les deux agences de notation. Le démenti est crédible, car l'Espagne n'a aucun intérêt à ce jour à emprunter à des conditions proches de celles imposées à la Grèce (5%) par le plan européen, alors qu'elle peut encore le faire sur le marché financier à des taux plus avantageux. Jeudi, les taux à trois ans, bien qu'en progression de 20 points de base, restaient largement inférieurs aux 5%en question.

Même constat pour les taux des emprunts à dix ans (respectivement 3% et 4,27%). Du sang et des larmes La chute violente des Bourses fait craindre, de façon exagérée, la propagation de l'onde de choc grecque aux économies de la zone euro considérées comme les plus fragiles : Espagne donc, mais aussi Portugal (Moody's a annoncé la probabilité élevée d'une nouvelle dégradation de sa note), Italie et pourquoi pas la France ou le Royaume- Uni (hors zone euro).

Mais les gouvernements de ces pays n'ont pas «maquillé » leurs comptes publics. Leur crédibilité n'est donc pas, ou moins, mise en cause. Surtout, la situation de leurs finances publiques est moins détériorée. D'ailleurs, la Commission européenne table dans ses prévisions de printemps, publiées mercredi, sur une réduction des déficits espagnol et portugais de respectivement 1,4 point et 0,9 point en 2010, à 9,8% et 8,5% du PIB. Enfin, le taux d'épargne privé y est plus élevé.

La confiance ne reviendra sur les marchés qu'une fois qu'Athènes aura convaincu de sa capacité à mettre en place les contreparties du plan d'aide européen. Les inquiétudes restent fortes car, même avec l'aide internationale, persiste un souci de trésorerie. Athènes devra refinancer 70 milliards d'euros en 2013, selon les experts d'Aurel BGC ! Une restructuration reste donc plausible à cet horizon. D'ici là, les efforts à accomplir seront douloureux.

La Grèce n'a pas le choix. La déflation comme «modus operandi» Ne pouvant dévaluer, comme le Royaume-Uni (la livre a reculé de plus de 20% depuis son plus-haut de 2007), elle n'a d'autre solution pour rétablir sa compétitivité que de faire fléchir les variables réelles : salaires, retraites et prix. C'est pourquoi certains experts, le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, notamment, conseillent à Athènes de mener une politique de déflation. Lemot fait peur, il n'est pourtant que la perspective de ce qui attend les Grecs au cours des prochains mois.

Le PIB a chuté de 2% en 2009 et devrait perdre encore 3% en 2010, selon les dernières prévisions de Bruxelles. Mais même ces chiffres pourraient être largement dépassés tant l'objectif – réduire le déficit public de 11 points de pourcentage à 3%en 2014 – est élevé. Le processus n'en est, en effet, qu'à ses débuts. Selon l'organisme européen Eurostat, le coût unitaire du travail a encore crû de 11,2% au troisième trimestre 2009 en Grèce, contre seulement 3% pour l'ensemble de la zone euro ! Le retard de compétitivité est important (près de 25%). La cure d'austérité se fera ainsi dans la douleur.

C'est malheureusement le prix à payer pour restaurer la confiance desmarchés. Ainsi, le Pacte de stabilité et de croissance, faute de véritable budget fédéral, devra prendre en compte les écarts de productivité entre les différentes économies de la zone euro. Tout cela prendra du temps. Selon les économistes d'Exane BNP Paribas, il faut compter sur vingt à trente ans après une crise de dette publique pour revenir à une situation proche de celle qui prévalait avant son déclenchement.

15:10 Écrit par zEconomy dans économie | Lien permanent | Commentaires (0)

27.04.2010

Détecteurs de fumée obligatoires

Ce sont les installateurs de dispositifs qui vont être contents, en effet la loi 2010-238 du 9 mars 2010 vise à rendre obligatoire l'installation de détecteurs de fumée dans tous les lieux d'habitation (JORF n°0058 du 10 mars 2010)

Cette loi impose à tout occupant d'un logement, qu'il soit locataire ou propriétaire, d'installer au moins un détecteur de fumée et de veiller à son entretien et son bon fonctionnement (Art. 129-8 du code de la construction et de l'habitation).

Pour les locations saisonnières, les logements meublés, les logements de fonction et les foyers, l'installation et l'entretien du détecteur de fumée incomberont au propriétaire non occupant.

L’occupant du logement devra notifier cette installation à son assureur, qui pourra prévoir une minoration de la prime ou de la cotisation prévue dans le contrat d'assurance habitation (Art. L. 122-9 du code des assurances).

Toutefois l'assureur ne pourra pas frapper de déchéance le souscripteur n'ayant pas installé de détecteur de fumée.

Un décret en Conseil d'Etat définira les modalités d'application de ces dispositions et leur entrée en vigueur prévue au plus tard dans un délai de 5 ans.

Quand on sait que 70% des décès pour cause d'incendie au sein de l'habitation interviennent la nuit quand tout le monde dort, on se dit que cette mesure est tout de même la bienvenue

15:53 Écrit par zEconomy | Lien permanent | Commentaires (0)